Guide pratique TI-89   (Auteur : Philippe Haubenestel)

Cette page résume quelques bonnes pratiques pour un usage efficace de la TI-89 Titanium en langue française.
Pour approfondir, on se référera naturellement à la documentation officielle complète et à jour.


1 Réglages
1.1 Langue française
1.2 Accueil en ligne de commande
1.3 Mode flottant
1.4 Valeurs approchées
1.5 Vérification des modes
1.6 Déplacements rapides
1.7 Variable x cassée ?
1.8 Archivage en mémoire flash
2 Graphiques
2.1 Tableau de valeurs
2.2 Courbe représentative
2.3 Zooms
3 Algèbre
3.1 Évaluation / substitution
3.2 Développement / factorisation
3.3 Forme canonique
3.4 Fractions rationnelles
3.5 Expressions trigonométriques
3.6 Équations / inéquations
3.7 Systèmes
4 Algèbre linéaire
4.1 Vecteurs
4.2 Produit scalaire
4.3 Produit vectoriel
4.4 Matrices
4.5 Déterminant
5 Complexes
5.1 Par les coordonnées polaires
5.2 Forme exponentielle
5.3 Forme algébrique
5.4 Réduction d’écriture
5.5 Équations complexes
6 Suites
6.1 Tableau de valeurs
6.2 Représentation graphique
6.3 Sommation
7 Limites
7.1 Pointée / à gauche / à droite
7.2 Règles opératoires
8 Calcul différentiel et intégral
8.1 Taux de variation
8.2 Dérivée formelle
8.3 Nombre dérivé
8.4 Tangentes
8.5 Équations différentielles
8.6 Primitives
8.7 Intégrales
9 Probabilités
9.1 Factorielles
9.2 Arrangements
9.3 Combinaisons
9.4 Loi binomiale
10 Statistiques
10.1 Liste générée logiquement
10.2 Séries d’une variable
10.3 d²obs

 
1.1 Réglages > Langue française

Pour profiter de ce guide pratique, on doit passer la TI-89 en français dans le menu MODE F3 Language.

(Si jamais l’option manque, il suffit d’envoyer ce fichier de localisation à la calculatrice.)

 
1.2 Réglages > Accueil en ligne de commande

Le principal intérêt de la TI-89 réside dans sa ligne de commande puissante et agréable, accessible à tout moment par la touche HOME. Ainsi pour un démarrage rapide, il vaut mieux court-circuiter les icônes : MODE F3 Bureau Apps… NAFF.

Toutes les applications restent disponibles grâce à la touche APPS. Par exemple, on édite le programme courant en appuyant sur APPS 7 1.

 
1.3 Réglages > Mode flottant

Par défaut, les écritures décimales sont présentées en virgule flottante sur 6 chiffres. Pour plus d’aisance dans les conjectures, on peut maximiser la précision décimale : MODE Afficher chiffres… FLOTTANT.

 
1.4 Réglages > Valeurs approchées

Au lieu d’une valeur exacte, on peut demander une réponse décimale approchée avec DIAMANT ENTER.

Une autre façon assez élégante est d’utiliser le point décimal • dans l’expression saisie, pour forcer le type décimal approché.

Enfin, on peut obtenir des arrondis à la précision voulue grâce à la fonction arrondi, accessible par MATH 1 3.

 
1.5 Réglages > Vérification des modes

On résume ici tous les modes optimisés pour les mathématiques.

 
1.6 Réglages > Déplacements rapides

Très pratique : on peut accélérer les déplacements du curseur sur l’écran graphique, dans les menus, dans le catalogue ou à l’intérieur des zones de saisie. Pour cela, on modifie les touches HAUT BAS GAUCHE DROITE par la touche 2ND.

 
1.7 Réglages > Variable x cassée ?

Parfois la réponse semble aberrante.

Or il suffit d’afficher la variable x pour comprendre : la calculatrice récupère et utilise la valeur de x dès que celle-ci est définie.

Pour restaurer le statut formel de x, on peut effacer son contenu dans le menu VAR-LINK, mais il est plus rapide d’utiliser la fonction SupVar accessible par F4 4.

En général, ce problème est déclenché par l’usage de la variable x dans un programme. Il suffit alors de l’y déclarer en Local.

 
1.8 Réglages > Archivage en mémoire flash

Avec des piles en fin de vie ou lors d’un plantage, il arrive que la calculatrice perde le contenu de la mémoire vive. Adieu fonctions, programmes, pompes… Heureusement, la TI-89 dispose d’une mémoire flash interne (non volatile, comme celle des clés USB).

Dès qu’une fonction ou un programme est au point, il faut absolument :
    1 – l’exécuter une fois (la lexémisation accélérera le code) ;
    2 – l’archiver en mémoire flash (menu VAR-LINK F1 8) ;
    3 – effectuer une sauvegarde en lieu sûr par le port USB.

 
2.1 Graphiques > Tableaux de valeurs

On évalue une fonction à pas régulier avec les touches Y= puis TABLE. On peut modifier l’expression en se déplaçant dans la colonne y1 et en appuyant sur F4.

Pour plus de confort, on peut régler la largeur de colonne à 12 dans F1 9.



Si le début ou le pas de la table ne conviennent pas, on appuie sur F2 (plus efficace que de repasser par TBLSET).

 
2.2 Graphiques > Courbe représentative

On obtient la courbe représentative d’une fonction en passant par les touches Y= puis GRAPH. Pour interrompre le tracé on appuie sur la touche ON.

 
2.3 Graphiques > Zooms

Dans l’écran GRAPH, les zooms utiles sont le zoom standard F2 6, le zoom boîte F2 ENTER et le zoom arrière F2 3. Le zoom orthonormal F2 5 permet d’apprécier la pente d’une courbe.

On maintient la touche 2ND pour accélérer le déplacement du curseur. En cas de mauvais réglage, on interrompt le tracé avec ON.

Enfin, pour les courbes revêches on utilisera de préférence la touche WINDOW.

 
3.1 Algèbre > Évaluation / substitution

On évalue une expression littérale avec la barre de restriction | (“pour”, “sachant que”).

De même pour opérer une substitution.

Lorsque tout un exercice traite de la même fonction, il est avantageux de définir y1(x) dans Y=. On peut alors se servir de la fonction y1 en notation standard.

 
3.2 Algèbre > Développement / factorisation

On développe une expression avec F2 3.

Réciproquement, on obtient une factorisation à coefficients réels avec F2 2. Pour achever cette opération dans le corps algébriquement clos des complexes, on modifie le nom de la fonction : factorC.

 
3.3 Algèbre > Forme canonique

Il n’existe aucun moyen direct de “canoniser” une expression quadratique : il faut écrire une fonction ! Voici la mienne, qui tourne sur des expressions d’une ou plusieurs variables prises parmi x, y et z.

J’ai profité de la technique des indirections pour rendre le code très compact. Et un tantinet cryptique, désolé :)

Pour saisir la fonction canon : APPS 7 3. Pour la modifier : APPS 7 1.



La nouvelle fonction s’obtient par CATALOG F4.

Agréable pour déterminer rapidement le centre et le rayon d’un cercle, d’une sphère… ;)

 
3.4 Algèbre > Fractions rationnelles

On réduit au même dénominateur avec F2 6.

Réciproquement, on peut décomposer une fraction ou une fraction rationnelle en partie entière + partie fractionnaire propre (“proper fraction”), selon le principe de la division euclidienne. Cette fonction est accessible par F2 7.

 
3.5 Algèbre > Expressions trigonométriques

On développe une expression trigonométrique avec F2 9 ENTER.

Réciproquement, on linéarise une expression trigonométrique avec F2 9 2.

 
3.6 Algèbre > Équations / inéquations

On résout une équation avec F2 ENTER.

Éventuellement, @n1 désigne un paramètre entier (de même que @n2, @n3…).

On résout de même les inéquations. Les symboles d’inégalité au sens large s’obtiennent avec DIAMANT 0 et DIAMANT •.

 
3.7 Algèbre > Systèmes

On résout un système avec F2 ENTER, en liant les contraintes par la conjonction and (MATH 8 8).

Éventuellement, @1 désigne un paramètre réel (de même que @2, @3…).



Comme la saisie est un peu pénible, et les solutions parfois difficiles à lire, j’ai écrit trois fonctions qui facilitent la résolution des systèmes classiques de 2, 3 ou 4 équations. À tout moment, on peut inclure ou omettre le second membre (convention Maple bien pratique).

Pour saisir les fonctions résol2, résol3 et résol4 : APPS 7 3.

Pour modifier la fonction courante : APPS 7 1.



Les trois nouvelles fonctions s’obtiennent par F2 ENTER GAUCHE 2, F2 ENTER GAUCHE 3 et F2 ENTER GAUCHE 4.

 
4.1 Algèbre linéaire > Vecteurs

On sépare les coordonnées d’un vecteur ligne par des virgules, celles d’un vecteur colonne par des points-virgules.

 
4.2 Algèbre linéaire > Produit scalaire

On peut calculer directement un produit scalaire en multipliant le vecteur ligne par le vecteur colonne.

Plus classiquement, la fonction dédiée est accessible par CATALOG P (ou MATH 4 L 3 mais bon…).

 
4.3 Algèbre linéaire > Produit vectoriel

La fonction dédiée au produit vectoriel se trouve dans CATALOG P (ou MATH 4 L 2). À noter que des opérandes 2D sont préalablement plongés dans l’espace 3D.

 
4.4 Algèbre linéaire > Matrices

On saisit une matrice ligne par ligne. Les coefficients sont séparés par des virgules, les lignes par des points-virgules.

On effectue alors le plus simplement du monde les opérations classiques de transposition (CATALOG T ENTER), d’addition, de multiplication, d’inversion, d’exponentiation…

 
4.5 Algèbre linéaire > Déterminant

On calcule le déterminant d’une matrice carrée avec MATH 4 2.

 
5.1 Complexes > Par les coordonnées polaires

On peut définir un nombre complexe par ses coordonnées polaires. Le symbole d’angle polaire s’obtient en appuyant sur 2ND EE.

 
5.2 Complexes > Forme exponentielle

On peut forcer la représentation exponentielle d’un nombre complexe avec ›Pol accessible par CATALOG P.

 
5.3 Complexes > Forme algébrique

On peut forcer la représentation algébrique d’un nombre complexe avec ›Rect accessible par CATALOG R.

Attention, en général la réponse n’est PAS une forme trigonométrique, des simplifications pouvant se produire.

 
5.4 Complexes > Réduction d’écriture

Imaginons que l’on veuille réduire l’écriture complexe d’une similitude directe… Le résultat n’est guère convaincant. En effet, par défaut toutes les variables désignent des nombres réels, et z n’échappe pas à la règle.

Pour donner à z un statut complexe, on lui adjoint le tiret bas _.

On peut préciser la partie réelle et la partie imaginaire de l’écriture complexe en posant z = x + iy. Dans ce cas, le tiret bas _ n’est pas nécessaire.

 
5.5 Complexes > Équations complexes

On résout une équation complexe avec résolC (F2 ENTER GAUCHE C) en veillant à utiliser une inconnue complexe z_ (avec le tiret bas _).
Cet exemple contient un conjugué complexe (MATH 5 1). La droite verticale solution est ici parfaitement décrite par le paramètre réel @3.

Et voici ce qui arrive lorsqu’on oublie d’accorder à z le type complexe…

Enfin, attention aux bugs avec le module abs (très peu fiable dans une équation complexe). En cas de difficulté, je signale l’autre stratégie :
  – saisir l’équation complexe en posant z = x + iy ;
  – extraire sa partie réelle (MATH 5 2) et sa partie imaginaire (MATH 5 3) ;
  – résoudre le système de deux équations réelles d’inconnues x et y.

 
6.1 Suites > Tableau de valeurs

On calcule les premiers termes d’une suite en choisissant MODE Graph… SUITE.



Puis, dans le menu Y=, on définit la suite u1 avec éventuellement un terme initial appelé ui1. (Mieux : ui1 peut contenir une liste de termes initiaux.)



Contrairement aux apparences, il est tout à fait possible de fixer à 0 l’indice initial en réglant nmin = 0 dans WINDOW.



Finalement on appuie sur TABLE.

Pour plus de confort, on peut régler la largeur de colonne à 12 dans F1 9.


 
Pour automatiser la plupart des réglages, on a intérêt à définir les raccourcis clavier DIAMANT 1 (bascule en mode fonction) et DIAMANT 2 (bascule en mode suite).

On saisira donc, au moyen de APPS 7 3 et sans changer leur nom :
  – le programme kbdprgm1 qui se lancera avec DIAMANT 1 ;
  – le programme kbdprgm2 qui se lancera avec DIAMANT 2.

Pour modifier le programme courant : APPS 7 1.


 
6.2 Suites > Représentation graphique

Après avoir implémenté les programmes kbdprgm1 et kbdprgm2 du paragraphe précédent, on trace les premiers termes d’une suite en passant par le raccourci DIAMANT 2 puis en appuyant sur GRAPH.

Le zoom automatique F2 A est particulièrement utile pour les suites. Mais attention à ne pas effectuer de zoom standard, qui dérègle nmin à 1. Dans tous les cas, DIAMANT 2 permet de réinitialiser les paramètres de zoom.

 
6.3 Suites > Sommation

On somme les premiers termes d’une suite avec F3 4.

De même pour sommer tous les termes.

 
7.1 Limites > Pointée / à gauche / à droite

On calcule une limite pointée avec F3 3.

Une réponse undef peut signifier deux choses :
  – la limite n’existe pas (elle est mathématiquement non définie) ;
  – ou alors, la machine ne sait pas la trouver, comme x (2 + sin x) à l’infini… :(

On calcule une limite à gauche en précisant l’argument restrictif (-1).

On calcule une limite à droite en précisant l’argument restrictif 1.

 
7.2 Limites > Règles opératoires

Les opérations sur les infinis s’accordent avec les résultats de l’analyse réelle.

 
8.1 Calcul différentiel et intégral > Taux de variation

Voici une fonction toute simple qui retourne un taux de variation présenté sous forme réduite.

Pour saisir la fonction taux : APPS 7 3. Pour la modifier : APPS 7 1.



La nouvelle fonction s’obtient par CATALOG F4.

Puissant :)

 
8.2 Calcul différentiel et intégral > Dérivée formelle

On dérive une expression formelle avec 2ND 8.

 
8.3 Calcul différentiel et intégral > Nombre dérivé

On calcule un nombre dérivé en évaluant la dérivée formelle (2ND 8) au moyen de la barre de restriction | (“pour”, “sachant que”).

Ce procédé étant peu orthodoxe, il faut veiller à étudier la dérivabilité avant de se fier à la réponse obtenue !

Au moindre doute, on revient à la définition et on étudie la limite du taux de variation exprimé au point souhaité.

 
8.4 Calcul différentiel et intégral > Tangentes

Voici une fonction très simple qui retourne l’équation réduite d’une tangente.

Pour saisir la fonction tangente : APPS 7 3. Pour la modifier : APPS 7 1.



La nouvelle fonction s’obtient par CATALOG F4.

Pratique :)

 
8.5 Calcul différentiel et intégral > Équations différentielles

On résout une équation différentielle avec F3 C.

Le paramètre @1 désigne une constante réelle (de même que @2, @3…).

On précise les conditions initiales au moyen de la conjonction and, accessible par MATH 8 8.

 
8.6 Calcul différentiel et intégral > Primitives

On affiche UNE primitive formelle (parmi plein…) avec 2ND 7.

Remarque : la notation d’une primitive formelle reprend abusivement celle d’une intégrale, en référence au théorème fondamental de l’analyse. Il ne faut surtout pas confondre les deux concepts et se rappeler qu’une intégrale est une aire algébrique sous la courbe, mesurable par bien d’autres moyens que la variation d’une primitive…

 
8.7 Calcul différentiel et intégral > Intégrales

On calcule une intégrale (une aire algébrique sous la courbe) avec 2ND 7.

 
9.1 Probabilités > Factorielles

On accède à la factorielle par DIAMANT ÷.

 
9.2 Probabilités > Arrangements

On dénombre des arrangements (façons de lister k vœux parmi n) avec MATH 7 2.

 
9.3 Probabilités > Combinaisons

On dénombre des combinaisons (façons de cocher k cases parmi n) avec MATH 7 3.

 
9.4 Probabilités > Loi binomiale

Cette fonction évalue la probabilité que le nombre de succès soit compris entre a et b lorsqu’on répète n expériences de Bernoulli identiques et indépendantes.

Pour saisir la fonction loibinom : APPS 7 3. Pour la modifier : APPS 7 1.



La nouvelle fonction s’obtient par CATALOG F4.

 
10.1 Statistiques > Liste générée logiquement

On peut facilement générer une liste logique ou un échantillon aléatoire avec MATH 3 ENTER.

 
10.2 Statistiques > Séries d’une variable

Il existe deux sortes de séries d’une variable :
  – des séries où presque toutes les valeurs sont distinctes ;
  – des séries où il est préférable de grouper les valeurs égales en effectifs.

Pour automatiser les tâches usuelles (tri croissant, effectifs cumulés, mesures de tendance centrale et de dispersion), j’ai prévu un programme suffisamment souple. Sa philosophie est de prendre deux arguments :
  – une liste de valeurs OU une formule donnant les valeurs ;
  – une liste d’effectifs OU une formule donnant les effectifs.

Pour saisir le programme statxn : APPS 7 3. Pour le modifier : APPS 7 1.



Le nouveau programme s’obtient par CATALOG F4.

Remarque : contrairement à Disp, l’instruction Pause permet de faire défiler une liste ou une matrice dans l’écran d’entrée/sortie.

 
10.3 Statistiques > d²obs

Voici une fonction qui calcule le carré de la distance entre fréquences observées et fréquences issues du modèle équiréparti. Elle accepte indifféremment une liste de fréquences ou d’effectifs observés.

Pour saisir la fonction d2obs : APPS 7 3. Pour la modifier : APPS 7 1.



La nouvelle fonction s’obtient par CATALOG F4.

(Merci à Frédéric Vitzikam pour l’optimisation du code.)