L'étude présente
les différentes croyances et rituels mortuaires de l'époque, ainsi que les moyens
de se protéger et de détruire les vampires. Un homme mort peut revenir pour tourmenter
ses proches, causant ainsi leur décès. Ces vampires - cités comme " Oupirs " ou
" sangsues " - ont pour habitude de sucer le sang, de rendre malade ou de serrer
la gorge jusqu'à l'étouffement. Ils opèrent de nuit comme de jour. En Russie,
les vampires sont actifs de midi à minuit et se gavent littéralement de sang.
Le corps des vampires est imputrescible et leurs yeux sont rouges. Certains respirent
mais restent immobiles dans leur cercueil. En leur présence, les animaux ont peur
ou deviennent agressifs sans raison. Certains vampires prennent la forme d'un
spectre ou d'un chien. Calmet évoque le cas d'Arnold Paul qui tua quatre personnes.
Après que son corps fut détruit, on comptabilisa 17 victimes de plus. Arnold Paul
ayant attaqué des animaux, les villageois furent contaminés en mangeant leur chair.
Un autre récit décrit le cas de Peter Plogojovits, qui étrangla huit personnes.
Les victimes des vampires, pâles et amaigries, souffrent de faiblesse extrême.
Des taches bleuâtres apparaissent là où le vampire a sucé leur sang. En Hongrie,
les victimes perdent tout appétit et meurent de langueur en une dizaine de jours,
sans aucune fièvre. La victime voit un spectre qui la suit.
Les
populations disposent de nombreux rituels pour se protéger et détruire les vampires.
Le corps doit d'abord être déterré, puis s'ensuivent différentes méthodes : l'empalement,
la décapitation, brûler le cœur, enfoncer de longs clous, le faire bouillir dans
du vin, le couper en morceaux. Pour enrayer l'épidémie, le même sort est réservé
aux victimes. Les vampires poussent généralement des cris effroyables et du sang
frais s'écoule des blessures. Afin de vérifier si le mort va devenir un vampire,
on diffère l'enterrement. On constate si les membres restent souples et si du
sang fluide sort des orifices. Lors des veillées, les proches font du bruit pour
faire savoir au revenant qu'il est attendu et récitent des prières. Les portes
et les fenêtres sont lavées à l'eau bénite. Une hostie consacrée, ou une énorme
quantité de pierres disposées sur la tombe, empêche le vampire d'en sortir. Pour
éviter toute contamination, la population mange la terre du sépulcre, du pain
trempé dans le sang du vampire ou se frotte avec le sang. Pour détecter la tombe
d'un vampire, on fait passer un jeune garçon vierge et nu, monté sur un cheval
entièrement noir n'ayant jamais sailli. Le cheval refusera de passer au dessus
de la tombe en question. Les excommuniés et les personnes mortes de mort violente
ont plus de chance de devenir des vampires. Selon les croyances, le corps des
excommuniés ne pourrit pas et ils sont contraints de racheter leurs péchés.