| 90 ans
de cinéma vampirique
Introduction
Je vous propose
une sélection d'une trentaine de films ayant marqué le cinéma fantastique.
Ils permettent de comprendre le phénomène du vampire au cinéma et son évolution
au cours du temps. Cette liste n'est pas exhaustive et ne comporte que des films
(pas de téléfilms, ni de dessins animés, ni de séries télé). Ces longs-métrages
ne correspondent pas forcément à mes goûts, mais ils ont - en général - généré
beaucoup d'entrées. Ces succès, populaires ou critiques, ont chacun apporté en
leur temps quelque chose de nouveau au mythe : plusieurs ont servi de modèle par
la suite, certains ont proposé une nouvelle approche, tandis que d'autres ont
relancé le genre. Les trois quarts des films de cette sélection datent des trente
dernières années, la production cinématographique étant devenue exponentielle.
Cet article se concentre donc sur les apports de ces films au cinéma vampirique
et les raisons de leur succès. Vous trouverez, à la fin, des liens
vers les fiches détaillées de chacune de ces oeuvres (résumé,
anecdote, avis personnel, caractéristique du mythe).
Des débuts jusqu'aux années 70
- Nosferatu (1922) : Ce film, muet
et en noir et blanc, est un des plus anciens longs métrages ayant survécu jusqu'à
nos jours. Basé sur le roman " Dracula " de Stoker, " Nosferatu " met en scène
un vampire folklorique à l'apparence cadavérique qui propage la peste. L'ambiance
angoissante et désespérée se retrouve également dans son remake de 1979, " Nosferatu
fantôme de la nuit ". En 2000, " L'ombre du vampire " revient sur l'acteur
Max Schreck qui avait incarné le vampire dans le film original. -
Dracula (1931) : Hollywood s'empare du personnage de Dracula. L'acteur Bela
Lugosi reste encore aujourd'hui la référence de l'image grand public du vampire
(notamment dans les publicités): costume avec cape, cheveux gominés, regard hypnotique
et accent d'Europe de l'est. 
- Le cauchemar de Dracula (1958)
: Dracula y apparaît pour la première fois en couleur, sous les traits de Christopher
Lee qui interprète un vampire plein de violence. Les aspects " animal "
et " mauvais " du monstre sont mis en avant. -
The last man on earth (1964) : Ce film reste, à ce jour, l'adaptation la plus
fidèle du roman "Je suis une légende" de Richard Matheson. Le
vampirisme s'est généralisé après une épidémie mondiale. Le héros, encore humain,
a échoué dans sa recherche d'un remède et il est désormais devenu le " monstre
" face à une nouvelle normalité. D'autres films furent réalisés : " Le survivant
" en 1971 et " Je suis une légende " en 2007. Ce dernier, avec Will Smith,
a rapporté près de 585 millions de dollars dans le monde. -
Le bal des vampires (1968) : Roman Polanski propose une comédie pastichant
les films d'épouvante, tout en restant fidèle aux clichés classiques. La fin est
novatrice car on y voit le mal triompher du bien. 
-
The vampire lovers (1970) : Ce film est une bonne adaptation de la nouvelle
" Carmilla " de Sheridan Le Fanu. Ingrid Pitt joue sur l'érotisme et le charme
d'une vampire qui choisit des proies féminines.
- Countess Dracula (1971) : Ingrid
Pitt incarne la Comtesse Bathory, coupable de meurtres sanglants. Le réalisateur
met en avant la double identité de la Comtesse et sa folie grandissante. -
Blacula (1972) : En pleine période de " black exploitation ", le vampire Noir
fait son apparition. Blacula, avide de sang, sévit à Los Angeles en pleine période
disco. Il reviendra l'année suivante dans le film " Scream Blacula scream ".
Le thème du prince vampire Noir sera repris en 1995 par Eddie Murphy, dans la
comédie " Un vampire à Brooklyn ". 
-
Le vampire de ces dames (1979) : Cette comédie romantique a connu un immense
succès aux Etats-Unis (43 millions de dollars à l'époque). Le vampire classique,
avec son côté séducteur, est ici mis en décalage avec la société moderne. -
Dracula (1979) : Ce film reprend, dans les grandes lignes, l'histoire du roman
" Dracula ". Le vampire n'est plus seulement séducteur, mais devient vraiment
attractif. Frank Langella fournit une interprétation poussée en montrant le côté
humain du vampire. Les
années 80 -
Les prédateurs (1983) : Adapté du roman éponyme de Whitley Strieber, ce film
met en scène l'une des dernières représentantes d'une race vampirique, incarnée
par Catherine Deneuve. David Bowie y interprète son amant, transformé pour un
temps en vampire. Des flashbacks nous montrent les " vies " passées de la vampire.
L'esthétique est typique des années 80, avec une photographie proche des clips
musicaux. 
-
Lifeforce (1985) : Ce film est l'adaptation du roman " Les vampires de l'espace
" de Colin Wilson. Le mythe est ici lié à la science fiction : les vampires sont
des entités extraterrestres qui se nourrissent de la force vitale des humains.
La population, infectée, devient fortement agressive. Les effets spéciaux sont
représentatifs des années 80 (éclairs lumineux, prothèses et mannequins pour les
victimes vidées de leurs fluides).
- Once bitten (1985) : Cette comédie
vogue sur la mode des teen-movies des années 80. Jim Carrey y incarne un adolescent
aux prises avec une Comtesse avide de sang de vierge. 
-
Vampire… vous avez dit vampire ? (1985) : Cette comédie d'horreur, ciblant
un public adolescent, mêle différents genres (comédie, horreur, romance). Les
pouvoirs du vampire restent classiques mais il est désormais parfaitement intégré
dans la société. Sa goule s'occupe de sa sécurité et des corps de ses victimes.
" Vampire... vous avez dit vampire ? Part II ", réalisé en 1989,
met cette fois en scène un groupe de vampires. Les points forts de ces deux films
sont les personnages aboutis et une distribution adéquate.
-
Vamp (1986) : Ce teen-movie propose des vampires prédatrices et monstrueuses,
qui règnent sur le monde de la nuit. Les héros adolescents plongent dans un monde
interdit et dangereux. Le film se distingue par ses éclairages fluo caractéristiques
des années 80.
- Génération perdue
(1987) : Cet autre teen-movie met en scène un groupe de vampires qui croque la
vie à pleines dents. Ils sont régis par un maître vampire. Lors de l'initiation
d'un nouveau membre, ils lui font boire le sang du Maître pour qu'il accède à
l'immortalité. Tant qu'il ne goûte pas au sang humain, il reste un demi-vampire.
Kiefer Sutherland y interprète un des vampires au look punk des années 80. Une
suite, " Lost boys 2 : the tribe ", fut réalisée en 2008 avec Angus Sutherland,
le demi-frère de Kiefer. 
- Aux frontières de l'aube (1987)
: Ce road-movie à l'atmosphère particulière suit le cheminement d'un groupe de
vampires qui se comportent comme des tueurs. A noter que le mot " vampire " n'est
pas prononcé une seule fois dans le film. Le mythe classique est ici occulté,
hormis le soleil qui les brûle. Le film met également en avant un vampire prisonnier
dans son corps d'enfant. Les héros parviennent à renverser leur nature vampirique
grâce à une transfusion de sang.
Les années 90
- Dracula (1992) : Coppola reprend
la franchise en y intégrant une notion romantique, ainsi que le Dracula historique.
Le réalisateur utilise d'anciennes techniques cinématographiques pour générer
une atmosphère d'authenticité. Quasiment tous les personnages annexes du roman
original apparaissent à l'écran. Le film a rapporté plus de 215 millions de dollars
dans le monde et a ravivé l'intérêt des spectateurs pour les suceurs de sang. 
-
Buffy, the vampire slayer (1992) : Le film en lui-même n'a pas vraiment eu
d'impact, mais il a lancé le concept de la série télé mettant en avant des chasseurs
de vampires. Depuis 15 ans, la série dérivée " Buffy contre les vampires " inspire
toujours les scénaristes et les réalisateurs. Les fans disposaient d'une immense
quantité d'articles sur la série dans de nombreux magazines spécialisés.
- Entretien avec un vampire (1994)
: Cette adaptation du premier roman d'Anne Rice était très attendue. La mythologie
des romans est toujours très influente, avec ses notions de filiation et de puissance
des anciens vampires. L'auteur met en avant la psychologie de ses personnages
: Louis qui refuse sa nature, Claudia piégée dans son corps d'enfant ou encore
Lestat qui mettra des décennies à s'adapter au monde moderne. Ce film est totalement
axé sur les vampires. Les personnages principaux sont incarnés par des
superstars (Cruise, Pitt, Banderas) qui assumèrent un rôle de vampire sans peur
du ridicule. En 2002, une suite a vu le jour, " La reine des damnés ".
Ces deux films ont rapporté plus de 268 millions de dollars. 
-
Dracula, mort et heureux de l'être (1995) : Mel Brooks réalise un pastiche
du film de Coppola et reprend le comique du " Bal des vampires " de Polanski.
L'idée du vampire décalé est utilisée, et même exagérée jusqu'à l'absurde.
L'apparence des acteurs, les costumes ainsi que les décors sont particulièrement
soignés.
- Une nuit en enfer (1996)
: Ce film d'action " surprise " (les vampires, totalement absents dans la promotion,
n'apparaissent que dans la seconde partie du film) propose des vampires monstrueux.
Le second degré est de mise avec une débauche de gunfights et d'effets spéciaux
dans la partie finale. Deux suites, à moindre budget, furent produites
en vidéo en 1999. 
-
Blade (1998) : Dans ce film d'action, basé sur des comics, un dhampire combat
les vampires. Ces derniers, parfaitement organisés en clans, contrôlent dans l'ombre
la société humaine. Deux suites furent réalisées en 2002 et 2004 ainsi
qu'une mini-série en 2006. Cette grosse licence rapporta plus de 414 millions
de dollars, faisant du super-héros Blade un produit extrêmement rentable.
- Vampires (1998) : Adapté du roman
éponyme de John Steakley, ce film met en scène un groupe de chasseurs de vampires,
rapidement décimé par un Maître vampire. Les vampires sévissent dans les
campagnes et se regroupent en nids. Les chasseurs sont financés par le Vatican.
Deux suites, de moindre envergure et plus fantasques, virent le jour en
vidéo en 2002 et 2005. 
-
Vorace (1999) : Ce film propose un type de vampire particulier, le wendigo.
Le vampirisme est ici associé au cannibalisme, le wendigo assimilant la
vitalité de sa proie en buvant son sang et en mangeant sa chair.
Les années 2000
- Le petit vampire (2000) : Ce
film est adapté de la série de romans allemands d'Angela Sommer Bodenburg. Ces
romans pour enfants ont été traduits dans plus de 30 langues. Le film fut précédé
de deux mini-séries télé en 1985 et en 1993. Les vampires y sont effrayants tout
en étant très attachants (ils se distinguent par leur côté froussard). Les maquillages
et les costumes sont très soignés. Le mythe reste classique : aversion à l'ail,
créatures nocturnes aux canines pointues ou encore peur du pieu. 
-
Underworld (2003) : Cette grosse licence de trois films (les deux suites
datent de 2006 et 2009) rapporta plus de 297 millions de dollars. Cet univers,
où s'affronte vampires et loups-garous, rejoint la littérature de genre " bit-lit
". Ces films d'action sont essentiellement basés sur les monstres. Les vampires
sont très hiérarchisés et utilisent les Lycans comme serviteurs.
- Van Helsing (2004) : Ce film,
hommage aux films de monstres classiques, met en scène un chasseur de monstres.
L'action y est omniprésente avec une débauche d'effets spéciaux et d'images de
synthèse. Le vampire n'est autre que le Comte Dracula qui peut se transformer
en chauve-souris monstrueuse. " Van Helsing " rapporta plus de 300 millions de
dollars dans le monde. 
-
30 jours de nuit (2007) : Ce film est adapté du premier cycle des comics du
même nom. Les vampires ne sont pas des créatures surnaturelles mais une
race différente des humains. Ils agissent dans l'ombre et considèrent les
hommes comme du bétail. Disposant de capacités physiques supérieures, ils massacrent
la population d'un village. Ces vampires sont monstrueux et sans aucune pitié.

-
Morse (2008) : Ce film est l'adaptation du roman de l'auteur suédois John
Ajvide Lindqvist. Tout en respectant le mythe classique, ce récit parvient à dépoussiérer
le genre. L'ambiance est tout à fait particulière avec, une enfant vampire accompagnée
de sa goule. L'histoire est rythmée par des scènes clés particulièrement fortes.
Un remake américain, produit par le Studio de la Hammer, est en cours de tournage.
-
Twilight : fascination (2008) : Ce film est l'adaptation du premier tome de
la saga de quatre romans " Twilight ". Ce premier film assez " amateur " rapporta
tout de même 352 millions de dollars dans le monde. Les gains pour le deuxième
volet, " Tentation ", sorti en novembre 2009, sont estimés à plus de 570
millions de dollars. Cette licence a encore de beaux jours devant elle avec de
nombreux produits dérivés ainsi que les prochaines adaptations en cours de production.
A l'origine destinée aux adolescentes, cette romance touche toutes les tranches
d'âges du public féminin. Les vampires sont de plusieurs types : nomades, classiques
ou " végétariens " et s'opposent à des loups-garous qui protègent les humains.
L'engouement des fans et le battage médiatique créèrent une véritable mode. Les
acteurs ne cessent d'être la cible des paparazzis pour alimenter les magazines
et blogs spécialisés. La saga " Twilight " est déclinée en études, plagiats ou
encore parodies amateurs. 

Aux frontières de l'aube
Bal des vampires, le
Blacula
Blade
Blade
2
Blade
3
Buffy le film
Cauchemar de Dracula,
le
Countess Dracula
Dracula
(1931)
Dracula (1979)
Dracula (1992)
Entretien avec un vampire
Fascination (Twilight 1)
Génération perdue
Je suis une légende
Last man on earth,
the
Lifeforce
Lost
boys 2 : the tribe
Morse
Nosferatu (1922)
Nosferatu
(1979)
Nuit en enfer, une
Once
bitten
Petit vampire, le
Prédateurs, les
Reine
des damnées, la
Survivant, le
Tentation
(Twilight 2)
30 jours de nuit
Underworld
Underworld 2 : Evolution
Underworld
3 : Le soulèvement des lycans
Vamp
Vampire
à Brooklyn, un
Vampire de ces dames,
le
Vampire
lovers, the
Vampire vous avez dit
vampire ?
Vampire vous avez dit vampire ? 2
Vampires
Vampires
2 : adieu vampires
Vampires 3 : la dernière éclipse du
soleil
Van Helsing
Vorace
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