| La
paralysie du sommeil
Introduction
La paralysie
du sommeil, un trouble physiologique, peut expliquer les croyances de certaines
populations en l'existence des vampires. Tout comme la porphyrie, ses symptômes
sont donc intimement liés au mythe du vampirisme. On trouve des références à ce
trouble dans certaines peintures classiques ou encore dans les œuvres mettant
en scène des vampires psychiques.  "Le
cauchemar" - Heinrich Fussli
Le
trouble et ses symptômes Ce
dérèglement du sommeil peut se manifester aussi bien au moment de l'endormissement
qu'au moment du réveil. Durant une paralysie du
sommeil, la conscience est maintenue alerte alors que le corps est paralysé. Le
sujet est éveillé mais il est immobilisé et ne peut même pas parler. Seuls les
yeux sont mobiles. Cette paralysie s'accompagne systématiquement de difficultés
à respirer, et souvent d'hallucinations. Le trouble dure, dans la majorité des
cas, de quelques secondes à quelques minutes. Ne
pouvant bouger et se sentant impuissante, la personne commence alors à angoisser.
Cette peur peut engendrer d'autres symptômes : des sensations de présence (la
plus fréquente), de pression sur la poitrine, d'étouffement, de danger latent,
d'hallucinations auditives (respirations, bruits de pas, marmonnements) ou visuelles
(lumières, perception détaillée de certains objets de la pièce, silhouette sombre,
yeux rouges), du contact d'une main qui saisit fortement ou encore l'impression
de flottement.  "La
nuit" - Ferdinand Holder (détail)
Quelques
précisions scientifiques Bien
que méconnu du grand public, ce phénomène est assez courant : environ 25% de la
population l'expérimenterait au moins une fois dans sa vie. A la suite de diverses
enquêtes, il s'avère que moins de la moitié des sujets ayant vécu une paralysie
du sommeil en aurait parlé à son entourage. Ce trouble affecte surtout des personnes
jeunes, en particulier les adolescents. Les chercheurs ont remarqué un taux de
mélatonine anormalement bas dans le cerveau des personnes analysées. Il
existe des facteurs aggravants : dormir sur le dos, avoir des horaires de sommeil
irréguliers, subir des périodes de stress important, des changements d'habitat
ou de situation. Lors d'une crise, afin de mettre fin à la paralysie, il est recommandé
de se concentrer pour faire bouger les extrémités du corps et de se forcer à respirer
calmement pour chasser l'angoisse. La paralysie
du sommeil est parfois confondue, à tort, avec le cauchemar ou la narcolepsie. -
Le cauchemar est passé dans le langage courant pour désigner un mauvais rêve mais
c'est en fait une terreur nocturne proche d'une attaque de panique. Le sujet ne
se souvient pas de son rêve, il se réveille brutalement et garde une forte impression
de mal-être et d'angoisse.
- Dans le cas
de la narcolepsie, le sujet tombe brutalement endormi. Une forte émotion peut
provoquer une atonie musculaire.
 "Le
cauchemar" - Nicolai Abraham Abildgaard
Le
folklore et les vampires Durant
les " épidémies de vampirisme " du 18ème siècle en Europe de l'Est, la population
était sensible à la superstition et aux événements surnaturels. Ne connaissant
pas le processus de décomposition des corps, les cadavres gonflés passaient pour
être des vampires gorgés du sang de leurs victimes. Une véritable psychose régnait
dans les villages où les habitants attribuaient tout phénomène anormal aux forces
maléfiques. En proie à la peur, les villageois
sujets à la paralysie du sommeil croyaient voir leurs défunts, revenus les tourmenter
dans leur sommeil. Le vampire du folklore suçait parfois le sang de ses proies
mais, dans la majorité des récits de l'époque, il étouffait ses proches. Ne dit-on
pas également que le vampire influence les rêves ? Le vampire " classique ", comme
Dracula, attaque traditionnellement ses proies dans leur propre chambre. Parfois
sans même les réveiller, parfois en usant d'un pouvoir d'hypnose allant jusqu'à
la paralysie de la victime... 
Conclusion
Les hallucinations éprouvées lors de la paralysie du
sommeil sont liées à l'état d'esprit du sujet et à ses croyances personnelles.
En fonction de l'époque, les mêmes symptômes (paralysie, étouffement, angoisse
profonde et sensation d'une présence " surnaturelle ") s'incarnent ainsi de différentes
manières. Durant l'antiquité, l'être qui étouffait le dormeur possédait fréquemment
un visage démoniaque, mi-humain mi-monstrueux. Ses traits étaient souvent féminins,
évoquant les vieilles sorcières. La légende des incubes et succubes peut également
s'expliquer de cette manière, même si les symptômes d'excitation sexuelle sont
assez rares dans le cas d'une paralysie du sommeil. De nos jours, ce trouble pourrait
être à l'origine de nombreux témoignages d'enlèvements par des extra-terrestres.

Horla,
le
La pension
La porphyrie
|