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Difficultés d'apprentissagede la lecture |
voir aussi sur cette page:
Les théories en expliquant les causes sont trés diverses et cela plaide en faveur d'une approche multifactorielle.
Aussi, après la première année d'apprentissage:
doivent alerter sur des difficultés éventuelles.
Ici, les signes concernent surtout les erreurs que nous pouvons trouver dans les productions écrites des enfants mais la moindre erreur ne doit pas conduire à une suspicion de dysorthographie. C'est leur persistance et leur fréquence sur des mots appartenant au vocabulaire connu de l'enfant qui sont inquiétantes.
Types d'erreurs |
exemples |
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confusions sonores |
f/v "lavabo" -> lafabo p/t "parachute" -> tarachute |
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confusions visuelles |
b/d "lavabo"-> lavado ou/on "couteau"-> conteau |
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confusions dans l'exécution motrice |
f/l "souffle"-> souflfe m/n "mensonge" -> memsonge |
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inversions |
"pratique" -> partique "spectacle" -> pestacle |
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fautes d'usage sur mots fréquents |
"comment" -> quoment |
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mauvaise reconnaissance du découpage grammatical et confusions d'homophones |
"ton train va loin mais le mien est plus grand"-> tontrin va loin met le mien est plugrand |
Sur le plan clinique, on évalue un éventuel:
Cette conférence s'est tenue à l'école d'orthophonie deNice, le 09/04/2001
Par Christian Bellone
Les dyslexies touchent de 8 à 10% des enfants scolarisés.
Déficit spécifique de l’apprentissage du langage écrit, probablement
constitutionnel avec une forte composante génétique. Ce trouble ne doit pas
être explicable par une pathologie sensorielle, neurologique, sociale,
éducative, psychiatrique, etc.
Il existe une piste génétique autour des taux d'hormones circulant dans le
cerveau (testostérone) tres précocement. Ces
hormones détermineraient des fragilités ou un développement anormal de
certaines zones cérébrales. Il s’agit de malformations ou plutôt d’une
maturation atypique du cerveau:
1/ Symétrisation des planum temporale par augmentation de la taille du planum droit.
2/ Symétrisation des opercules pariétaux à noter : chez A. Einstein: absence totale de l'opercule pariétal (Witelson 1999)
3/ Corps calleux plus grand chez le dyslexique, probablement par défaut d'élimination des fibres nerveuses. Chez les musiciens, le corps calleux est plus vaste dans sa partie antérieure, qui correspond à la zone de coordination motrice bi manuelle, à condition que l’apprentissage de l’instrument ait eu lieu avant l’âge de 7 ans, sinon il n’y a pas de modification anatomique.
Ces modifications s’expliqueraient par la plasticité du cerveau dans le jeune âge et pourraient servir de modèle à la dyslexie, sans que l’on puisse dire si le trouble du langage est cause ou conséquence de la morphologie particulière du cerveau.
le trouble d'apprentissage dérive directement d'un déficit constitutionnel des processus métaphonologiques ; de la représentation et de la catégorisation des phonèmes.
le trouble de la lecture est associé à des déficits élémentaires du traitement visuel spécifique de la voie magnocellulaire ;
le cerveau du DL ne peut traiter convenablement toute succession rapide d'événements sensoriels de très brève durée.Cette hypothèse est issue des travaux de recherche clinique de Paula TALLAL: Ce déficit du traitement temporel précoce permet d'expliquer la plupart des signes cliniques caractéristiques et donne lieu des recherches sur de nouvelles méthodes de prise en charge de la conscience phonologique. A l’origine, il s’agissait de proposer 1 heure 15 de travail sur des jeux informatiques (Fast for Word) tous les jours pendant six mois. On fait entendre aux sujets des listes de mots en ralentissant la parole et en accentuant la consonne afin de permettre aux dyslexique de traiter les 40 premières millisecondes puisque, lorsque un normolecteur perçoit les différences phonologiques sur cet intervalle, il faut en moyenne 450 millisecondes aux sujets dyslexiques.
En France, des adaptations ont été nécessaires, notamment en n’utilisant pas le micro-ordinateur mais un simple lecteur de CD-audios. La durée de l’entraînement a également été réduite, mais le principe d’étirement est le même. Cette approche rééducative intensive est effectuée à raison d’une séance de 10 à 15 minutes par jour, aussi bien au cabinet de l’orthophoniste qu’au domicile du patient sous le contrôle des parents. La durée de l’entraînement est fixée à 6 semaines, soit deux fois trois semaines séparées par une quinzaine de vacances. Mais il s’agit là pour l’instant d’une hypothèse de recherche qui est en cours de validation par le CNRS, des laboratoires universitaires, des praticiens de terrain et des familles de volontaires.
Résumé à partir de mes notes personnelles
Christian Bellone
TECHNIQUES DE REEDUCATION
La méthode est originale car elle fait appel à des processus de traitement cognitif qui impliquent que l'enfant aille de lui-même vers ce qu'il apprend, une sorte "d'énaction" à travers l'écoute de messages linguistiques où sont mis en relief les marques prosodiques et suprasegmentales de la parole, à la façon dont le petit enfant s'y prend au tout début du langage.
La rééducation sémiophonique s'adresse aux "troubles développementaux
du
langage" dont fait partie la dyslexie.
La rééducation sémiophonique utilise un appareil audio-phonatoire nommé
lexiphone qui agit sur la boucle audio-phonatoire. Muni d'un micro-casque il
permet de restituer au sujet ce qu'il émet dans son micro ou de lui faire
entendre des messages pré-enregistrés sur cassettes. Le rééducateur peut
écouter son patient avec son propre micro-casque, et, le cas échéant
intervenir dans la boucle.
Le lexiphone permet d'agir directement sur les automatismes élémentaires du
langage.
Plusieurs "artifices" sont utilisés notamment le son dit "paramétrique"
produit par le lexiphone. C'est un son électronique artificiel, nettement
différencié de la voix. Le son agit comme un sifflement mélodieux qui
accompagne la phrase, l'attention de l'enfant est peu à peu accaparée par la
forme mélodique de la phrase et non plus par sa signification, dans la
mesure où le son paramétrique a pour effet de souligner cette forme
mélodique, comme un stabilo. Le deuxième élément "paramétrique"
utilsé
s'appelle l'alternance, qui permet de travailler la capacité de hacher le
langage en éléments fondamentaux- ladite "segmentation syllabique".
La rééducation se déroule en séances divisées en deux demi-séances dont la
durée varie selon chaque enfant.
L'enfant va passer de "l'audio-phonatoire" à "l'auditivo-verbal",
autrement
dit des automatismes de l'audio-phonatoire au phonétique, phonémique,
syllabique, etc.
Dans une progression, l'enfant répète ainsi des mots, des double-mots, des
phrases coupées, enregistrées coupées, par un travail lexical et syntaxique,
jusqu'au stade ultime où il fait de la "répétition écrite", phase
orthographique .
L'une des inquiétudes des orthophonistes à propos de la méthode
sémiophonique est celle de la relation entre l'enfant, l'adolescent et elles
car en fait, l'enfant se retrouve en interaction avec une machine.
Réponse d'Isi Beller: "s'il ne manifeste pas directement son désir d'être
en
relation avec son orthophoniste, c'est par volonté de ne pas l'être. Il est
en position d'auto-rééducation, mais l'orthophoniste a toujours la
possibilité d'intervenir dans le cycle de la rééducation". Savoir ne pas
agir peut être aussi important qu'agir, et il en va de même pour
l'orthophoniste qui doit juger de l'opportunité de son intervention.
Pour en savoir plus, http://auriol.free.fr/clefsons/ame.htm
selon Neuropsychologia Volume:40 Issue: 7 mars: 2002
Corps calleux moins
développé chez des sujets dyslexiques: une étude
structurale par IRM
Cette étude publiée en mars 2002 se base sur des études antérieures
et s'intéresse aux caractéristiques de la dyslexie en tant que
trouble du décodage auditivophonologique, il a donc été envisagé
que la forme de la partie postérieure du corps calleux pourrait être
différente chez les sujets dyslexiques.
22 garçons droitiers avec une dyslexie développementale ont été sélectionnés
à partir d'un échantillon ciblé de la population générale (âgé
de 11 ans) puis comparé à un groupe controle. On a ainsi pu comparer
la forme du corps calleux, sa surface et ses sous-régions entre les
deux groupes. Une analyse statistique a révélé que les dyslexiques
ont un corps calleux plus petit, notamment la partie médiane postérieure
de la région de l'isthme. Cette région contient des fibres nerveuses
interhémisphériques provenant des aires
corticales auditives primaires et secondaires. Cette différence a été
retrouvé chez 78% des sujets dyslexiques. Cependant il n'y a pas de
différence significative pour les autres régions du corps calleux.
Ceci va bien dans le sens d'autres études sur le développement du
corps calleux chez les dyslexiques à l'âge où ceux-ci apprennent à
lire, donc que les dyslexiques n'ont pas les mêmes caractéristiques
de développement neurologique que les enfants lisant normalement.
Selon l'american journal of neuroradiology
Les enfants dyslexiques utilisent presque 5 fois plus de volume cérébral pour réaliser une tâche linguistique que les enfants non dyslexiques d'âge et de niveau intellectuel similaires.
Dans une étude sur 6 garçons dyslexiques et 7 garçons droitiers bon lecteurs, l'équipe du Dr L. Richard de l'université de Seattle a utilisé une combinaison d'imagerie spectroscopique à protons et d'imagerie de spectroscopie à résonance magnétique pour mesurer les niveaux d'activation en lactate dans le cerveau pendant que les sujets réalisent 3 tâches linguistique et une, non linguistique. Durant les tâches linguistiques, on demandait aux garçons d'écouter une série de couple de mots et de les trier entre ceux qui riment et ceux qui ne riment pas, aussi bien des vrais mots que des non-mots. La tâche non linguistique impliquait d'écouter des couples de stimuli acoustiques non verbaux et de les trier en fonction de leur tonalité.
Même si l'activité cérébrale de production de lactate apparaît similaire chez les deux groupes pendant l'activité non linguistique, la production de lactate est 5 fois plus grande chez les enfants dyslexiques pendant les tâches linguistiques. Ces résultats sur des enfants confirment ceux trouvés chez des adultes à partir de la mesure des débits sanguins cérébraux.
Etudes neurobiologiques sur les troubles de la lecture
Dans Journal of Communication Disorders, Vol. 34 (6) (2001) pp. 479-492
2001 Elsevier Science Inc. Neurobiological studies of reading and reading disability
Kenneth R. Pugh W. Einar Mencl a,b, Annette R. Jenner a,b, Leonard Katz b,c, Stephen J. Frost b,c, Jun Ren Lee a,b, Sally E. Shaywitz a and Bennett A. Shaywitz a,d
Résumé
Les études en neuroimagerie, y compris les notres, suggèrent que l'identification des mots dans la lecture soit liée à l'intégrité fonctionnelle de deux systèmes postérieurs de l'hémisphère gauche: un circuit (temporo-pariétal) dorsal et un circuit (occipito-temporel)ventral. Ce système postérieur semble être fonctionellement perturbé dans la dyslexie développementale. Comparativement aux bons lecteurs, les personnes dyslexiques utilisent de façon intensive les régions frontales inférieures gauche et les régions
postérieures de l'hémisphère droit pour, vraisemblablement, compenser les difficultés de fonctionnement des
régions postérieures de l'hémisphère gauche. Nous pensons que pour les lecteurs se développant
normalement, le circuit dorsal prédomine au début, et en conjonction avec des systèmes prémoteurs, est
associés au traitement analytique nécessaire pour apprendre à intégrer les structures orthographiques avec
les dispositifs phonologiques et lexicologique-sémantiques des mots imprimés. Le circuit ventral constitue un
rapide, mais se développant plus tard, système de captation des mots suivant leur forme , qui est à la base de la maîtrise de la reconnaissance du mot.
Résultats d'étude: En raison de cette activité,
- le participant se renseignera sur un modèle des régions corticales spécifiques impliquant des traitements lexicologiques.
- le participant se renseignera sur les démonstrations qui confirment la théorie que deux systèmes dorsaux de l'hémisphère gauche peuvent être perturbés dans la dyslexie développementale.
- le participant apprendra que les individus avec une lecture faible peuvent compter sur d'autres régions du cerveau pour compenser les perturbations du circuit fonctionnel postérieur.
Dysconnection des systèmes cérébraux fonctionnels chez les dyslexiques
Biological Psychiatry, Volume 52, Issue 2, 15 July 2002, Pages 101-110
Bennett A. Shaywitza, b, , Sally E. Shaywitza, Kenneth R. Pugha, e, W. Einar
Mencla, e, Robert K. Fulbrightc, Pawel Skudlarskic et al.
Un certain nombre de résultats de recherche indiquent une dysconnection fonctionnelle entre les systèmes neuronaux dans l'acte de lecture des adultes dyslexiques. Nous avons examiné l'activation cérébrale chez des enfants dyslexiques et non dyslexiques. pendant des tâches de lecture de mots et de non mots qui requiert une nalyse phonologique.
Un groupe de144 enfants droitiers dont 70 dyslexiques et 74 non dyslexiques ont été soulis à ces tâches avec étude de leur activité cérbrale par résonnance magnétique .
Les enfants dyslexiques montrent une dysconnection fonctionnelle des régions cérébrales postérieures notamment des sites pariéto-temporaux et occipito-temporaux. L'acte de lecture est bien lié à l'activation des régions temporo-occipitales gauche. L'activation des gyri frontaux droite et gauche étaient plus élevée chez les enfants dyslexiques plus âgés.
Ces résultats fournissent une assise neurobiologique pour la compréhension de la dyslexie développementale dont on voit la proximité avec les dyslexies acquises.