L'école de Gaétan Solo : des ressources expérimentées pour toutes les matières.

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Poésies

Le classement en fonction des âges est évidemment aléatoire.
Poésies de 2 à 6 ans

 Le petit Mathieu
 Comptine des animaux de la forêt
 Comptine d'Haïti et d'ailleurs
 Les cinq doigts de la main
 Conversation _ Jean Tardieu
 Une fourmi de dix-huit mètres _
Robert  Desnos
 Les petits poissons dans l'eau
 Un mille-pattes _ Lucie Spède
 Le chat et le soleil _ Maurice Carême
 Poème pour un enfant lointain _
Alain Bosquet
 Un, deux, trois
 Moulin, petit moulin
 Rondin picotin
 Mon petit lapin
 Une poule sur un mur
 Un petit bonhomme
 Tortue tordue
 Jamais on n'a vu vu vu
 Trois petites dames
 Une bouteille de Gulliver
 Am stram gram
 Polichinelle
 À la soupe soupe soupe
 Sur le pont d'Avignon
 Automne _ Anne-Marie Chapouton
 Arlequin est dans sa boutique
 Dans la rue des quatre chiffons
 Le ciel est dans la rivière _
Louis-Charles Gros
 Le martin-pêcheur _ Francis Jammes
 Oh! la cruelle averse
 Un arbre tremble sous le vent _
Francis Carco
 La terre aime le soleil _ Jacques Prévert
 Adieu la nuit _ Guillaume Apollinaire
 Les crayons _ Corinne Albault
 La girafe _ Madeleine Ley
 Caresses _ Chantal Couliou
 L'automne _ Lucie Delarue-Mardrus
 Le tamanoir _ Robert Desnos
Poésies de 6 à 8 ans
 
 Quartier libre _ Jacques Prévert
 L'averse _ Francis Carco
 Il prend une boule de neige _
Paul Vincensini
 Matin d'automne _ Robert Gélis
 L'élève modèle _ Marjan
 Dialogue de fleurs _ Robert Fabbri
 Ce qui est comique _ Maurice Carême
 Tant de temps _ Philippe Soupault
 
Si j'étais ...
 Matin, matin  _ Tristan Tzara
 Mélancolie _ Philippe Soupault
 Les préfixes _ Jean Tardieu
 
Le lac _ André Frédérique
 C _ Louis Aragon 
 Il y a _ Guillaume Apollinaire 
 Il régnait un parfum _ Louis Aragon
 Dimanche _ René de Obaldia
 
Amour, mon épicerie de campagne _
Robert Mallet
 Les hiboux _ Robert Desnos
 Le petit pou _ Robert Clausard
 Monsieur X _ Jean l'Anselme
 
Poisson _ Paul Éluard
 
L'eau _ Guilleric
 
Si...     Jean-Luc Moreau
 Être ange _ Jacques Prévert
 Tant de temps _ Philippe Soupault 
 Chanson de grand-père _ Victor Hugo  
 
 
Poésies de 8 à 11 ans
 
 Mathématiques _ Jules Supervielle
 Au crépuscule _ Philippe Soupault
 Ce qui est comique _ Maurice Carême
 Chanson pour les enfants, l'hiver _
Jacques Prévert
 Tant de temps _ Philippe Soupault
 Cortège _ Jacques Prévert
 Patins à roulettes _ Bernard Lorraine
 Chat endormi _ Marc Alyn
 Le galet _ Eli Viné
 Le corbeau et le renard _
Jean de la Fontaine
 Le renard et le corbeau _ Jean-Luc Moreau
 Écoutez la chanson bien douce _
Charles Baudelaire
 La musique _ Paul Verlaine
 L'école _ Maurice Carême
 La grenouille _ Pierre Coran
 Mon pays _ Gilles Vigneault
 Ping-pong _ Jacques Gaucheron
 Écrire à tout venant _ Claude Haller
 Le ski _ Pierre Gamarra
 Assemblage
 
 
D'autres sites à découvrir :
 Le printemps des poètes
 Le grand atelier des petits poètes
 L'arbre à poèmes
 
Comptines et chansons pour les enfants  
 Récréa'clic  (poésies et fables CP)
 IA d'Eure-et-Loir : banque de poèmes thématiques  
 Chez Nonete (poésies avec fiches d'exploitation)
 La poésie à l'école (Eduscol)
 Primecole
 
Lieu commun
 École Le Fuilet : poésies classées par auteurs et par thèmes
 Vive voix : une anthologie sonore de poésie  
   
Comptines et poésies pour l'école maternelle  


    
Le petit Mathieu compte jusqu'à deux
Le petit Benoît compte jusqu'à trois
La petite Alice compte jusqu'à dix
Le petit Vincent compte jusqu'à cent
Le petit Emile compte jusqu'à mille
Et pour compter jusqu'au million,
il faut s'appeler Marion !
Comptine des animaux de la forêt

Pour qui sont ces chaussons ? Pour le hérisson.
Pour qui sont ces lunettes ? Pour la chouette.
Pour qui sont ces patins à roulettes ? Pour la belette.
Pour qui est ce bon pain ? Pour le lapin.
Pour qui est ce foulard ? Pour le renard.
Pour qui est ce nounours ? Pour l'ours.
Pour qui est ce zéro ? Pour le blaireau.
Pour qui est ce fauteuil ? Pour l'écureuil.
Comptine d'Haïti et d'ailleurs

Crapaud, s'il te plaît, va au marché !
J'ai mal au pied.
Crapaud, s'il te plaît, écosse les pois !
J'ai mal au bras.
Crapaud, s'il te plaît, lave les assiettes !
J'ai mal à la tête.
Crapaud, s'il te plaît, allume le feu !
J'ai mal aux yeux.
Crapaud, s'il te plaît, allume le fourneau !
J'ai mal au dos.
Crapaud, s'il te plaît, coupe le pain !
J'ai mal à la main.
Crapaud, s'il te plaît, dresse la table pour le dîner !
J'ai mal au nez.
Viens manger, crapaud, la soupe est servie !
J'essaierai pour vous faire plaisir, mon ami.  
 

Les cinq doigts de la main


Voici ma main : elle a cinq doigts.

En voici deux, en voici trois.


Le premier, ce gros bonhomme,

C'est le pouce qu'il se nomme.


L'index qui montre le chemin

Est le deuxième doigt de la main.


Entre l'index et l'annulaire,

Le majeur paraît un grand frère.


L'annulaire porte l'anneau,

Avec sa bague, il fait le beau.


Le tout petit auriculaire

Marche à côté de l'annulaire.


Regardez mes doigts travailler.

Chacun fait son petit métier.


Comptine populaire



Conversation

(sur le pas de la porte, avec bonhomie.)

Comment ça va sur la terre ?
- Ça va ça va, ça va bien.

Les petits chiens sont-ils prospères ?
- Mon Dieu oui merci bien.

Et les nuages ?
- Ça flotte.

Et les volcans ?
- Ça mijote.

Et les fleuves ?
- Ça s'écoule.

Et le temps ?
- Ça se déroule.

Et votre âme ?
- Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.

Jean Tardieu, Monsieur Monsieur (1951)

Une fourmi de dix-huit mètres

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.

Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.

Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Eh ! pourquoi pas !

Robert Desnos
Les petits poissons dans l'eau
Nagent, nagent, nagent, nagent ;
Les petits poissons dans l'eau
Nagent, nagent comme il faut ;
Les petits poissons dans l'eau
Nagent aussi bien que les gros.

Un mille-pattes à un mariage invité

N'y est jamais arrivé
Car il n'a pas pu achever
De lacer tous ses souliers.

Lucie Spède
 
Le chat et le soleil

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J'aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Maurice Carême
Poème pour un enfant lointain

Tu peux jouer au caillou :
Il suffit de ne pas bouger,
Très longtemps, très longtemps.

Tu peux jouer à l’hirondelle,
Il suffit d’ouvrir les bras
Et de sauter très haut, très haut.

Tu peux jouer à l’étoile :
Il suffit de fermer l’oeil,
Puis de le rouvrir,
Beaucoup de fois, beaucoup de fois.

Tu peux jouer à la rivière :
Il suffit de pleurer,
Pas très fort, pas très fort.

Tu peux jouer à l’arbre :
Il suffit de porter quelques fleurs,
Qui sentent bon, qui sentent bon.

Alain Bosquet
 
Un deux trois, nous irons aux bois
Quatre cinq six, cueillir des cerises
Sept huit neuf, dans mon panier neuf
Dix onze douze, elles seront toutes rouges

Moulin, petit moulin,
Tourne, tourne jusqu'à demain ;
Si tu tournes bien,
Tu auras du grain
À la Saint Glinglin.
 
Rondin picotin
La Marie a fait son pain
Pas plus gros que son levain.
Son levain était moisi
Et son pain tout aplati.
Tant pis !
 
Mon petit lapin
N'a plus de chagrin.
Le voisin d'en face
A vendu ses chiens
Ses trois chiens de chasse.
Une poule sur un mur
Qui picote du pain dur
Picoti, picota
Lève la patte
Et puis s'en va (ou : Et saute en bas).  

Un petit bonhomme
Assis sur une pomme
La pomme dégringole
Le petit bonhomme s'envole
Sur le toit de l'école  
 
  Tortue tordue, dors-tu, tortue tordue ?
Jamais on n'a vu vu vu
Jamais on n'verra, ra, ra
La famille souris courir après les chats.
 

Trois petites dames
Montent sur ma chaise.
La première dit :
_ Je suis dame Fraise !
_ Je suis dame Pêche,
Me dit la seconde.
La troisième, blonde,
Dit : _ Je suis Orange.
Fraise, Pêche, Orange
Toutes je vous mange
(L, Guillaume)
 
Une bouteille de Gulliver
Est tombée au fond de la mer
Qu'y a-t-il dedans ?
Quatre petits enfants
Quelle couleur ont-ils ?
Gris
As-tu du gris sur toi ?
Non
Puisque tu n'en as pas
Tu colleras  
am stram gram
pic et pic et colégram
bour et bour et ratatam
am stram gram  

Polichinelle
Monte à l'échelle
Un peu plus haut
Se casse le dos
Un peu plus bas
Se casse le bras. 

À la soupe soupe
Au bouillon ion, ion
La soupe à l'oseille
C'est pour les demoiselles
La soupe à l'oignon
Et aux champignons
C'est pour les garçons.
  Sur le pont d'Avignon
On y danse, on y danse
Sur le pont d'Avignon
On y danse tous en rond.

Automne   

Il pleut
Des feuilles jaunes
Il pleut
Des feuilles rouges.
L’été va s’endormir
Et l’hiver va venir
Sur la pointe
De ses souliers
Gelés.

Anne-Marie Chapouton


Arlequin est dans sa boutique
Sur les marches du palais
Il enseigne la musique
À tous ses petits valets
À Monsieur Po
À Monsieur Li
À Monsieur Nelle
À Monsieur Polichinelle.  

Dans la rue des quatre chiffons
La maison est en carton,
L'escalier est en papier,
Le propriétaire est en pomme de terre
Le facteur y est monté
Il s'est cassé
Le bout du nez. 
Le ciel est dans la rivière
Avec les arbres, les joncs
Les nuages, la lumière
Et le toit de la maison.
                     Guy-Charles Gros 

 Le martin-pêcheur

Il est le feu-follet de la rivière
Son éclair bleu file comme une pierre
Qu'on a lancée et laisse sa lumière
Un bref instant au  dessus de l'eau claire

                                    Francis Jammes
Oh! la cruelle averse,
Une volée de petits moineaux
Se cramponne aux herbes.
   
    Poésie japonaise
Un arbre tremble sous le vent.
Les volets claquent
Comme il a plu, l'eau fait de flaques.

Des feuilles volent  sous le vent
Qui les disperse
Et brusquement il pleut à verse.
                   Francis Carco 

 La terre aime le soleil
Et elle tourne
Pour se faire admirer
Et le soleil la trouve belle
Et il brille sur elle ;
Et quand il est fatigué
Il va se coucher
Et la lune se lève...
         Jacques Prévert
 Adieu la nuit
Tous les oiseaux du monde
Ont fait leur nid
Et chantent à la ronde

     Guillaume Apollinaire
 

Les crayons

Mais à quoi jouent les crayons
Pendant les récréations ?
Le rouge dessine une souris,
Le vert un soleil,
Le bleu dessine un radis,
Le gris une groseille.
Le noir qui n'a pas d'idée,
Fait de gros pâtés.

Voilà les jeux des crayons
Pendant les récréations.

Corinne Albaut

 
 

La girafe

Je voudrais une girafe
Aussi haute que la maison
Avec deux petites cornes
et des sabots bien cirés
Je voudrais une girafe
pour entrer sans escalier
par la lucarne du grenier

Madeleine Ley

 

Caresses

Le vieux marronnier
N'aime
Ni les vacances
Ni les jours fériés
Il préfère
Les caresses
Des petites mains d'écoliers.

Chantal Couliou

L’automne       

On voit tout le temps, en automne,
Quelque chose qui vous étonne,
C'est une branche tout à coup,
Qui s'effeuille dans votre cou.

C'est un petit arbre tout rouge,
Un, d'une autre couleur encor ,
Et puis partout, ces feuilles d'or
Qui tombent sans que rien ne bouge.

Nous aimons bien cette maison,
Mais la nuit si tôt va descendre !
Retournons vite à la maison
Rôtir nos marrons dans la cendre.

Lucie Delarue-Mardrus

Le tamanoir

_ Avez-vous vu le tamanoir ?
Ciel bleu, ciel gris, ciel blanc, ciel noir.
_ Avez-vous vu le tamanoir ?
Œil bleu, œil gris, œil blanc, œil noir
_ Avez-vous vu le tamanoir ?
Vin bleu, vin gris, vin blanc, vin noir
Je n'ai pas vu le tamanoir
Il est rentré dans son manoir.
Et puis avec son éteignoir
Il a coiffé tous les bougeoirs
Il fait tout noir.
                                   R Desnos 
 
 
 
 Poésies de 6 à 8 ans
 

Quartier libre

J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête
Alors
on ne salue plus
a demandé le commandant
Non
on ne salue plus
a répondu l'oiseau
Ah bon
excusez moi je croyais qu'on saluait
a dit le commandant
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper
a dit l'oiseau.

Jacques Prévert, Paroles
L'averse

Un arbre tremble sous le vent.
Les volets claquent.
Comme il a plu, l'eau fait des flaques.
Des feuilles volent sous le vent
Qui les disperse.
Et brusquement, il pleut à verse.

Francis Carco
 Il prend une boule de neige
 La serre très fort contre son cœur
 Et fond tout entier avec elle
 Ne laissant ici-bas
 Qu'une paire de bretelles
 Dans une flaque d'eau

Paul Vincensini
  

La source

Tout au long de l'année
Me parle cette source.
En janvier enneigée,
En février gelée,
En mars encore boueuse,
En avril chuchotante,
En mai garnie de fleurs,
En juin toute tiédeur,
En juillet endormie,
En aout presque tarie,
En septembre chantante,

En octobre dorée,
En novembre frileuse,
En décembre glacée.
C'est toi petite source,
Le cœur de la forêt



Louis Guillaume

Tout au long de l'année me parle cette rivière

En janvier diamantée
En février brillante
En mars endormie
En avril blagueuse
En mai garnie de nénuphars
En juin toute de beauté
En juillet parfumée
En août presque chaude
En septembre tremblante
En octobre délicate
En novembre mystérieuse
En décembre nonchalante

C'est toi petite rivière
le cœur de notre village Renage !

D'après Louis Guillaume " La Source "
Clara CM1/CM2

(site de la FRAPNA)

 

Dialogue de fleurs

Ce n'est pas une vie,
De toujours vivre empoté
Dit le mauve pétunia

Ce n'est pas une vie,
De toujours vivre sous verre
Dit la botte d'œillets

Ce n'est pas une vie,
De toujours vivre sous cloche
Dit la rose du Petit Prince
 

Comme ils sont heureux
Les asphodèles et les volubilis
Avec leur nom à coucher dehors !
 

Robert FABBRI

Matin d'automne

La ville se secoue,
Se trémousse et s'ébroue ;
Elle se gratte les flancs
En grognant,
Car, dans sa fourrure d'odeurs,
De bruits et de fumées,
Grouillent des puces affairées :
Les gens qui courent à leur travail.

Robert Gélis
L'élève modèle

C'est un élève modèle
a dit l'instituteur.
Quelques-uns ont compris.
Ce sont ceux
qui copient sur lui.

                     Marjan

Ce qui est comique

Savez-vous ce qui est comique ?

Une oie qui joue de la musique,

Un pou qui parle du Mexique,

Un bœuf retournant l'as de pique,

Un clown qui n'est pas dans un cirque,

Un âne chantant tout un cantique,

Un loir champion olympique.

Mais ce qui est le plus comique,

C'est d'entendre un petit moustique

Répéter son arithmétique.

Maurice Carême

Des rimes avec magnifique


Afrique               alcoolique
alphabétique     Amérique
Antarctique        antique
aquatique          arithmétique
athlétique          Atlantique
boutique            brique
cantique            chic
crique                critique
désertique       dramatique
élastique          électrique
féerique            gymnastique
historique         informatique
logique                    magique
magnétique             maléfique
mathématiques       métallurgique
météorologique       méthodique
Mexique              moustique
musique             mythologique
olympique          pacifique
physique            pique
plastique            romantique
sympathique      technique
trafic                    trafique
tragique

Des rimes avec beau

anneau  
bandeau
barreau  
bateau
blaireau  
bouleau
caniveau chameau
cheminot  
couteau
eau  
esquimau
il faut   
faux
flambeau  
gâteau
haut  
hôpitaux
jumeau  
oiseau
peau  
tableau
tonneau

Des rimes avec triste

alchimiste 

artiste

assiste 

bouddhiste

existe 

insiste

journaliste 

liste

persiste 

piste

réaliste 

résiste

Ce qui est beau

Savez-vous ce qui est beau ?

Pour ton anniversaire, un bon gâteau,

Ton landau,

Des oiseaux jumeaux,

De nouveaux habits pour les jumeaux,

Un superbe oiseau,

Ton nouveau bateau,

Le retour des esquimaux,

De l'eau qui brille dans un tonneau,

Un blaireau qui joue sur un bouleau,

Mais ce qui est le plus beau,

C'est quand on gagne un chameau

En jouant au loto.

Dimitri, Ludivine, Maxime, Théo, Valentin, Zoé

Ce qui est triste

Savez-vous ce qui est triste,

Un perroquet qui voudrait être journaliste,

Un perroquet qui est malade et résiste,

Un perroquet qui a peur des listes,

Un chien qui a peur des artistes,

Une avalanche sur la piste,

Mais ce qui est le plus triste,

C'est d'être fataliste. 

Maxime, Yohan

Ce qui est magnifique

Savez-vous ce qui est magnifique ?

Un oiseau qui joue de la musique

Et qui chante, c'est chic,

Un perroquet d'Amérique,

Des singes en Afrique,

Une musique en plein trafic,

De l'eau salée dans une crique,

Le pôle Sud, la neige et la glace, dans l'Antarctique,

Des cactus en Afrique,

Des requins dans l'Atlantique,

Un perroquet qui n'est plus alcoolique,

Un roi qui est pacifique,

Un pic qui est maléfique,

Une fleur magique,

Un âne qui joue avec une oie sympathique,

Mais ce qui est le plus magnifique,

C'est un robot en plastique.

Anthony, Charlotte, Dylan, Fabien, Floriane, Lucie, Marion,
Ophélie, Paul, Pierre, Rémi, Romain, Sullivan, Tristana, Yann




Chanson pour les enfants, l'hiver

Dans la nuit de l'hiver,

Galope un grand homme blanc.

C'est un bonhomme de neige

Avec une pipe en bois,

Un grand bonhomme de neige

Poursuivi par le froid.

Il arrive au village.

Voyant de la lumière,

Le voilà rassuré.

Dans une petite maison,

Il entre sans frapper,

Et pour se réchauffer,

S'assoit sur le poêle rouge,

Et d'un coup disparaît

Ne laissant que sa pipe

Au milieu d'une flaque d'eau,

Ne laissant que sa pipe

Et puis son vieux chapeau.



Jacques PRÉVERT

Tant de temps


Le temps qui passe

le temps qui ne passe pas

le temps qu'on tue

le temps de compter jusqu'à dix

le temps qu'on n'a pas

le temps qu'il fait

le temps de s'ennuyer

le temps de rêver

le temps de l'agonie

le temps qu'on perd

le temps d'aimer

le temps des cerises

le mauvais temps

et le bon et le beau et le froid et le temps chaud

le temps de se retourner

le temps des adieux

le temps qu'il est bien temps

le temps qui n'est même pas

le temps de cligner de l'œil

le temps relatif

le temps de boire un coup

le temps d'attendre

le temps du bon bout

le temps de mourir

le temps qui ne se mesure pas

le temps de crier gare

le temps mort

et puis l'éternité


Philippe SOUPAULT



Si j'étais ...

Si j'étais la neige,

Je blanchirais le monde entier,

Je n'encombrerais pas les sentiers

Et je tomberais l'été.  

Si j'étais le vent,

Je ne coucherais pas les arbres,

Je soufflerais dans les voiles

Et je balancerais les étoiles.   

Si j'étais le soleil,

J'enverrais mes rayons en hiver,

Je brillerais comme une perle

Et je ramasserais la neige avec une pelle.

Mais je ne suis rien de tout cela ...

Si tu inventais ...

Si j'avais des euros,

Si vous étiez des chanteurs,

Si les adultes allaient à l'école,




Si nous étions des nuages,


Matin, matin ...

Matin matin

Matin scellé de cristal et de larves

Matin de pain cuit

Matin de vantaux en folie

Matin gardien d'écurie

Matin d'écureuils et de pollisseurs de vîtres fraîches à la rivière

Matin qui sent bon

Haleine attachée aux stries de l'iris.

Tristan TZARA

Mélancolie


Mélancolie Mélancolie

quel joli nom pour une jeune fille

Neurasthénie Neurasthénie

quel vilain nom pour une vieille fille


Je cherche un nom pour un garçon

un nom d'emprunt un nom de guerre

pour la prochaine et la dernière

pour la dernière des dernières


Esprit, peut-être Agénor

ou Singulier ou Dominique

un nom à coucher dehors

au temps des bombes atomiques


Mais je préfère Nuit

pour celle que j'aime et chéris

Nuit brune, nuit douce

Nuit claire comme eau de source


Philippe Soupault

Les préfixes

À mesure que je bois

J'oublie, j'oublie,

J'oublie ce que je bois !

À mesure que je pense

Je dépense, je dépense !

À mesure que je vis

Je dévie, je dévie !

À mesure que je meurs

Je demeure, je demeure !

Jean TARDIEU

Le lac


Je ne fais pas mystère de mon cra

S'il y a un cra je le montre

Il est permis de regarder toutes les faces

De ce cra-là.


D'un premier cra furent trois hisses

Et je ne fais pas mystère non plus de ces hisses

Qui peuvent être palpées

Et mêmes hissées (comme il se doit).


D'un hisse un cra fit deux clus

Et de deux clus un locteut

Le loc devint lac

Mais lac quoi dire ?


André FRÉDÉRIQUE


I


je lis, je touche, je tache, je passe, je file, je pousse, je fais, je mets

Les utiliser dans des phrases les plus longues possibles



C

J'ai traversé les ponts de Cé

C'est là que tout a commencé

Une chanson des temps passés

Parle d'un chevalier blessé

D'une rose sur la chaussée

Et d'un corsage délacé

Du château d'un duc insensé

Et de cygnes dans les fossés

De la prairie où vient danser

Une éternelle fiancée

La Loire emporte mes pensées

Louis ARAGON

Il y a


Il y a des petits ponts épatants

Il y a mon cœur qui bat pour toi

Il y a un beau petit cottage dans un jardin

Il y a six soldats qui s'amusent comme des fous

Il y a mes yeux qui cherchent ton image

Il y a un petit bois charmant sur la colline

Il y a un berger qui fait paître ses moutons

Il y a un rideau de peupliers délicat, délicat...


Il y a toute la vie...


Guillaume APOLLINAIRE



Il régnait un parfum

Il régnait un parfum de grillon et de menthe

Un silence d'oiseaux frôlait les eaux dormantes

Où près des fauchaisons montrant leur sol secret

L'iris jaune trahit l'avance des marais.

Du cœur profond de l'herbe impénétrable au jour

Les roseaux élevaient leurs épis de velours.

C'était à la fin mai quand rougit l'ancolie

La terre était mouillée au pied des fleurs cueillies.

Louis ARAGON

Dimanche


Charlotte

Fait de la compote


Bertrand

Suce des harengs


Cunégonde

Se teint en blonde


Epaminondas

Cire ses godasses


Thérèse

Souffle sur la braise


Léon

Peint ses potirons


Brigitte

S'agite s'agite


Adhémar

Dit qu'il en a marre


La pendule

Fabrique des virgules


Et moi dans tout cha

Et moi dans tout cha


Moi ze ne bouge pas

Sur ma langue z'ai un chat


René de OBALDIA



Amour, mon épicerie de campagne

Dans l'épicerie du village qui sent le savon, 

le sucre et la toile cirée propre,

l'épicière écrit à son amoureux.

Elle appuie son papier à lettre sur le plateau de la balance automatique

et plus ses sentiments ont de chaleur, plus ils prennent du poids.

À la formule : «À toi pour la vie»

l'aiguille indique neuf kilos.

Le chat qui somnolait contre la tiédeur des vitres

soudain s'étire et vient s'asseoir sur les serments.

Le plateau oscille, l'aiguille marque douze kilos.

La patte sale du chat plaque au bas de la lettre une tache

comme celle d'un baiser graisseux.

L'épicière chasse la bête, mais ne recommence pas sa lettre.

Elle se contente de la signer.

Robert MALLET



Les hiboux
 
Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux
En les tenant sur les genoux.


Leurs yeux d'or valent des bijoux,
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux !


Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
Ou dans la cabane de bambous ?
À Moscou ? Ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?
Hou ! Hou !
Pas du tout, c'était chez les fous.
Robert DESNOS
 
Le petit pou

Assis sur le genou
d'un hibou
le petit pou
cherchant son joujou
jette le bijou
comme un caillou
dans le chou.

Robert Clausard
Monsieur X

C'était un vieux hibou
affreux commie un pou
avec son caillou
nu comme mon genou.

Mais comme il était chou
quand il faisait joujou
avec son chien BIJOU !

Jean l'Anselme

L'escargot

Est-ce que le temps est beau ?

Se demandait l'escargot

Car, pour moi, s'il faisait beau,

C'est qu'il ferait vilain temps.

J'aime qu'il tombe de l'eau.

Voilà mon tempérament.

Combien de gens, et sans coquille,

N'aiment pas que le soleil brille.

Il est caché ? Il reviendra !

L'escargot ? On le mangera.

Robert Desnos

"Chantefables et Chantefleurs" Gründ

Puce-chien


Une puce prit le chien

Pour aller à la ville.

Au hameau voisin

à la station du marronnier,

elle descendit.

- Vos papiers, dit l'âne

coiffé d'un képi.

- Je n'en ai pas.

- Alors que faites-vous ici ?

- Je suis infirmière

et fais des piqûres

à domicile.

Robert Clausard

L'enfant et la poésie



Le chat blanc

Un petit chat blanc

qui faisait semblant

d'avoir mal aux dents

disait en miaulant :

« Souris mon amie

j'ai bien du souci

Le docteur m'a dit :

- Tu seras guéri

si entre tes dents

tu mets un moment,

délicatement,

la queue d'une souris ».

Très obligeamment

souris bonne enfant

s'approcha du chat

qui se la mangea.

Moralité :

Les bons sentiments

ont l'inconvénient

d'amener souvent

de graves ennuis

aux petits enfants

comme-z-aux souris.

Claude Roy

"Enfantasques" Seghers

Dans les airs

J'ai parfois

L'air heureux ou l'air sérieux,

L'air égoïste ou l'air triste,

L'air étourdi ou l'air gentil,

L'air maladroit ou l'air d'avoir froid,

L'air d'être bien ou l'air de rien,

L'air bête avec ma tête en l'air.


Alors je vais en plein air,

Prendre un bol d'air,

D'air chaud ou d'air glacial,

D'air invisible, l'air qui fait vivre,

Car je ne manque pas d'air.


Mais je n'oublie pas

Mon air de famille,

L'armée de l'air,

Les trous d'air,

L'air de musique,

L'air d'opéra,

Le courant d'air,

Et l'air du temps.


Anthony, Aymeric, Charlotte, Dimitri, Dylan, Fabien, Floriane, Lucie, Ludivine, Marion, Maxime, Ophélie, Paul, Pauline, Pierre, Romain, Sullivan, Théo, Tristana, Yohan et Zoé, CE1 de l'école




Mélancolie

Mélancolie Mélancolie

quel joli nom pour une jeune fille

Neurasthénie Neurasthénie

quel vilain nom pour une vieille fille

Je cherche un nom pour un garçon

un nom d'emprunt un nom de guerre

pour la prochaine et la dernière

pour la dernière des dernières

Esprit, peut-être Agénor

ou Singulier ou Dominique

un nom à coucher dehors

au temps des bombes atomiques

Mais je préfère Nuit

pour celle que j'aime et chéris

Nuit brune, nuit douce

Nuit claire comme eau de source

Philippe Soupault

Conseils donnés par une sorcière


Retenez-vous de rire

dans le petit matin !


N'écoutez pas les arbres

qui gardent les chemins !


Ne dites votre nom

à la terre endormie

qu'après minuit sonné !


À la neige, à la pluie

ne tendez pas la main !


N'ouvrez votre fenêtre

qu'aux petites planètes

que vous connaissez bien !


Confidence pour confidence :

vous qui venez me consulter,

méfiance ! méfiance !

On ne sait pas ce qui peut arriver.


Jean Tardieu




La pendule

Je suis la pendule, tic !

je suis la pendule, tac !

On dirait que je mastique

du mastic et des moustiques

quand je sonne et quand je craque,

je suis la pendule, tic !

je suis la pendule, tac !

J'avance ou bien je recule,

tic-tac, je suis la pendule,

je brille quand on m'astique,

je ne suis pas fantastique

mais je sais l'arithmétique,

j'ai plus d'un tour dans mon sac,

je suis la pendule, tic !

je suis la pendule, tac !

Pierre Gamarra

Le vieux et son chien


S'il était le plus laid

De tous les chiens du monde,

Je l'aimerais encore

À cause de ses yeux.


Si j'étais le plus vieux

De tous les vieux du monde,

L'amour luirait encore

Dans le fond de ses yeux.


Et nous serions tous deux

Lui si laid, moi si vieux,

Un peu moins seuls au monde,

À cause de ses yeux.


P. MENANTEAU


 
 

 Poésies de 8 à 11 ans

  
 
Mathématiques


Quarante enfants dans une salle,
Un tableau noir et son triangle,
Un grand cercle hésitant et sourd
Son centre bat comme un tambour.

Des lettres sans mots ni patrie

Dans une attente endolorie.

Le parapet dur d'un trapèze,

Une voix s'élève et s'apaise
Et le problème furieux
Se tortille et se mord la queue.

La mâchoire d'un angle s'ouvre.

Est-ce une chienne ? Est-ce une louve ?

Et tous les chiffres de la terre,

Tous ces insectes qui défont
Et qui refont leur fourmilière
Sous les yeux fixes des garçons.

Jules Supervielle (1884 −1960)

 

Au crépuscule

Bonsoir doux amour
Comme disait Shakespeare

Bonsoir mon petit pote
Comme disait Jules

Bonsoir bonsoir mon père
Comme disait l'enfant de chœur

Bonsoir vieille noix
Comme disait l'enfant de chœur

Bonsoir mon chou
Comme disait le jardinier

Bonsoir les enfants
Comme disent les enfants

Ariane bonsoir ma soeur
Comme aurait dit Racine

Bonsoir mon trésor
Comme disent les banquiers

Bonsoir ma cocotte
Comme dit la fermière

Bonsoir mon loup
Comme dit la bergère

Bonsoir bonsoir bonsoir
Comme disent les inconnus

Mille bonsoirs de bonsoirs
Comme disent les militaires
Les nourrices et les chaisières

Bonsoir tout le monde
Comme tout le monde dit

Philippe Soupault

 Activités de création à partir de Bonjour, Salut, Au revoir....



"Ta mère", le succès de librairie d'une insulte ritualisée

"Ta mère" n'est qu'une compilation des vannes commençant par "Ta mère, elle est tellement [ pauvre ou vieille ou moche ] que ... " et se terminant par toutes les variantes possibles et imaginables.

Le succès est tel qu'au mois d'octobre doit sortir un troisième tome. Des produits dérivés de "Ta mère" viennent d'être mis sur le marché ou sont en cours de conception : des chewings-gums, des casquettes, des T-shirts, des jeans, et même des petites poupées parlantes, prévues pour Noël, représentant des rappeurs, des blacks et des beurs, qui débiteront quatre minutes de "Ta mère".

Aux Etats-Unis, le phénomène des insultes ritualisées dirigées contre un parent a été étudié dès 1939.

Le phénomène a traversé l'Atlantique il y a quelques années. "Avant, c'était en anglais. Il y en a même eu en arabe. On s'amuse à en sortir pendant des heures", raconte Younes, vingt-trois ans, qui pratique les "Ta mère" depuis des années dans sa cité de Corbeil. Des cités, les "Ta mère" sont passées aux cours de récréation il y a environ un an, lorsque les Guignols les ont médiatisées ( Les fans ont retenu : "Ta mère, elle chausse du deux." )

Marie-Pierre Subtil Le Monde 02/09/95

Voici un travail de création par des CM2 à la manière de "Ta mère" :

Moi, pourquoi pas ?

Moi, je suis tellement gros
Que je roule en tonneau,
En écrasant les vélos.

Moi, je suis tellement mince
Qu'on m'habille avec des pinces.

Moi, j'ai tant de peine
Que je fais peur à la reine.

Moi, j'ai tant de joie
Qu'on me prend pour un roi.

Moi, je suis si dangereux
Que j'en suis malheureux.

Moi, je suis si prudent
Que je ne sors pas mes dents.

Moi, je deviens si sage
Que je fais peur aux images.

Moi, je serai si téméraire
Que j'affronterai les horaires.

Vous, vous êtes si attentifs
Que vous ne sentez plus vos tifs.

Nous, nous cherchons la suite
Mais les carottes sont cuites.


Ce qui est comique

Savez-vous ce qui est comique ?
Une oie qui joue de la musique,
Un pou qui parle du Mexique,
Un bœuf retournant l'as de pique,
Un clown qui n'est pas dans un cirque,
Un âne chantant tout un cantique,
Un loir champion olympique.
Mais ce qui est le plus comique,
C'est d'entendre un petit moustique
Répéter son arithmétique.

Maurice Carême

Inventer à partir de : fantastique, triste, ...


Chanson pour les enfants, l'hiver

Dans la nuit de l'hiver,
Galope un grand homme blanc.
C'est un bonhomme de neige
Avec une pipe en bois,

Un grand bonhomme de neige
Poursuivi par le froid.
Il arrive au village.
Voyant de la lumière,

Le voilà rassuré.
Dans une petite maison,
Il entre sans frapper,
Et pour se réchauffer,

S'assoit sur le poêle rouge,
Et d'un coup disparaît
Ne laissant que sa pipe
Au milieu d'une flaque d'eau,

Ne laissant que sa pipe
Et puis son vieux chapeau.

Jacques PREVERT

Poésie donnant d'excellents résultats dans le cadre des activités théâtrales.



Tant de temps

Le temps qui passe  
le temps qui ne passe pas
le temps qu'on tue

le temps de compter jusqu'à dix
le temps qu'on n'a pas
le temps qu'il fait
le temps de s'ennuyer
le temps de rêver
le temps de l'agonie
le temps qu'on perd
le temps d'aimer
le temps des cerises
le mauvais temps
et le bon et le beau et le froid et le temps chaud
le temps de se retourner
le temps des adieux
le temps qu'il est bien temps
le temps qui n'est même pas
le temps de cligner de l'oeil
le temps relatif
le temps de boire un coup
le temps d'attendre
le temps du bon bout
le temps de mourir
le temps qui ne se mesure pas
le temps de crier gare
le temps mort
et puis l'éternité

Philippe SOUPAULT

Poésie à dire à 2 (ou plus).


Cortège

Un vieillard en or avec une montre en deuil
Une reine de peine avec un homme d'Angleterre
Et des travailleurs de la paix avec des gardiens de la mer
Un hussard de la farce avec un dindon de la mort
Un serpent à café avec un moulin à lunettes
Un chasseur de corde avec un danseur de têtes
Un maréchal d'écume avec une pipe en retraite
Un canard à Sainte-Hélène avec un Napoléon à l'orange

Un conservateur de Samothrace avec une victoire de
cimetière
Un remorqueur de famille nombreuse avec un père de haute mer
Un contrôleur à la croix de bois avec un petit chanteur d'autobus
Un chirurgien terrible avec un enfant dentiste
Et le général des huîtres avec un ouvreur de Jésuites.

Jacques PRÉVERT Paroles Gallimard éd.

Voir en grammaire.


 
Patins à roulettes
Bernard Lorraine
Conquérants de l'asphalte
Que la vitesse exalte,
Nos clefs en bandoulière,
Bardés de genouillères,

De pin's et d'amulettes,
Sur patins à roulettes,
Bruyants météorites
Dont les passants s'irritent,

Espiègles funambules
Des trottoirs à bitume
Chevaliers de la glisse
Qui fait notre délice,

Quelquefois il arrive
— Malheur à nos gencives ! —
Qu'on ramasse une pelle
En trente-six chandelles,

Qu'on se prenne une bûche
Sans avoir vu l'embûche,
Qu'on morde la poussière
En casquette à visière.

Ah! seconde fatale
Où soudain l'on s'étale !

Le quotidien aussi peut être source de poésie...


Chat endormi

Marc Alyn, L'Arche enchantée, poèmes pour enfants,

Éditions de l'Atelier, 1979.

 

N'éveillez pas le chat qui dort
Car dans son sommeil il voyage
Beaucoup plus loin que les nuages,
Plus profond que les mines d'or.

N'éveillez pas le chat qui songe
Car c'est sa fonction ici-bas
D'éclairer le chemin des anges
Entre l'ici et l'au-delà.

N'éveillez pas le chat qui pêche
Dans les océans du dedans.
Il capture au sein des eaux fraîches
Les grands poissons phosphorescents.

N'éveillez pas le chat qui chasse
En rêve les rats de la nuit
Ils nous dévoreraient sans lui,.
Le chat qui rit dans ses moustaches.

Pas besoin de grandes explications pour cette poésie qui semble correspondre à l'imaginaire des enfants.


Le galet

Éli Viné

L'écharpe d'Iris

Hachette 1990

Je serai roulé par la mer
son jouet jusqu'à l'infini
et poli luisant de lumière
j'étincellerai dans la nuit

Un enfant jouant sur la plage
m'emportera comme un joujou
Presse-papiers d'écolier sage
je serai pour lui « le caillou »

Mais je reviendrai
dans ses rêves le hanter de sonorités :
chevaux d'écume sur les grèves
des manades hallucinées

Alors je le verrai sourire
dans la lumière du matin
comme sourit un avenir
dans les songes fous d'un gamin

Une poésie qui plaît aux enfants quand on a pris le temps de leur expliquer les expressions.


Le corbeau et le renard

Maître corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :

«Hé ! bonjour, monsieur du corbeau,
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois.»

À ces mots le corbeau ne se sent pas de joie ;
Et, pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le renard s'en saisit, et dit : « Mon bon monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.»

Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Jean de LA FONTAINE, Fables.
 

Le renard et le corbeau 
ou si l'on préfère 
la (fausse) poire et le (vrai) fromage   

Or donc, Maître Corbeau,
Sur son arbre perché, se disait: « Quel dommage
Qu'un fromage aussi beau,
Qu'un aussi beau fromage
Soit plein de vers et sente si mauvais.

Tiens ! voilà le renard : je vais,
Lui qui me prend pour une poire,
Lui jouer, le cher ange, un tour de ma façon.
Ça lui servira de leçon ! »
Passons sur les détails, vous connaissez l'histoire
Le discours que le renard tient,
Le corbeau qui ne répond rien
(Tant il rigole !),
Bref, le fromage dégringole...
Depuis, le renard n'est pas bien ;
Il est malade comme un chien.

Jean-Luc MOREAU, Poèmes de la souris verte,

Livre de poche Jeunesse, Hachette Livre.


Écoutez la chanson bien douce

Écoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire.
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !

La voix vous fut connue (et chère !)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée.
Pourtant comme elle est encore fière !

Et dans les longs plis de son voile
Qui palpite aux brises d'automne,
Cache et montre au coeur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.

Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.

Charles Baudelaire



La musique


La musique souvent me prend comme une mer
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile !

Poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions
Sur l'immense gouffre

Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir!

Paul Verlaine

Là-aussi,prendre le temps de laisser les élèves reformuler et s'imprégner du contexte.


L'école

L'école était au bord du                                ,
L'école était au bord du                                .
Au-dedans, c'était plein de                      
Au-dehors, plein de pigeons                          .

On y racontait des
Si merveilleuses qu'
Dès que je commence à y
Je ne sais plus bien où j'en                            .

Des fleurs y grimpaient aux
Comme on n'en trouve nulle
Et, dans la cour gonflée de
Il pleuvait de l'or en                                      .

Sur les tableaux d'un noir profond
Voguaient de grandes
Où, de l'aube au soir, nous
Vers de nouvelles                                           .

L'école était au bord du                                  ,
L'école était au bord du                                  .
Ah ! que ne suis-je encore
Pour voir au-dehors, les                                  !

Maurice CARÊME, La flûte au verger

aujourd'hui, blancs, colombes, croire, dedans, fenêtres, glissions, hêtres, histoires, majuscules, miroirs, monde, monde, part, péninsules, profond, rondes, suis, temps, temps.


La grenouille

Une grenouille
Qui fait surface,
Ça crie, ça grouille
Et ça agace.

Ça se barbouille,
Ça se prélasse,
Ça tripatouille
Dans la mélasse.

Puis ça rêvasse
Et ça coasse
Comme une contrebasse
Qui a la corde lasse.

Mais pour un héron à échasses,
Une grenouille grêle ou grasse
Qui se brochette ou se picore,
Ce n'est qu'un sandwich à ressorts.

Pierre Coran, Jaffabules, Livre de poche Jeunesse, Hachette Livre

La grenouille

Une grenouille
Qui fait __________,
Ça crie, ça __________
Et ça __________.

Ça se _________,
Ça se _________,
Ça ___________
Dans la _________.

Puis ça __________
Et ça ___________
Comme une __________
Qui a la corde ___________.

Mais pour un héron à ____________,
Une grenouille grêle ou ____________
Qui se brochette ou se ____________,
Ce n'est qu'un sandwich à ____________.


Pierre Coran, Jaffabules,
Livre de poche Jeunesse, Hachette Livre

agace barbouille coasse contrebasse échasses grasse grouille lasse mélasse picore prélasse ressorts rêvasse surface tripatouille


Mon pays
Gilles Vigneault
Le Grand Cerf Volant : Contes et chansons, Seuil 1986

Mon pays ce n'est pas un pays c'est l'hiver
Mon chemin ce n'est pas un chemin
c'est la neige
Mon jardin ce n'est pas un jardin
c'est la plaine
Mon pays ce n'est pas mon pays c'est l'hiver

Dans la blanche cérémonie
Où la neige au vent se marie
Dans ce pays de poudrerie
Mon père a fait bâtir maison
Et je m'en vais être fidèle
À sa manière à son modèle
La chambre d'amis sera telle
Qu'on viendra des autres saisons
Pour se bâtir à côté d'elle

Mon pays ce n'est. pas mon pays c'est l'hiver
Mon chemin ce n'est pas mon chemin
c'est la neige
Mon jardin ce n'est pas mon jardin
c'est la plaine
Mon pays ce n'est pas mon pays c'est l'hiver

De ce grand pays solitaire
Je crie avant que de me taire
À tous les hommes de la terre
Ma maison c'est votre maison
Entre ces quatre murs de glace
Je mets mon temps et mon espace
À préparer le feu la place
Pour les humains de l'horizon
Et les humains sont de ma race

Mon pays ce n'est pas un pays c'est l'hiver
Mon chemin ce n'est pas mon chemin
c'est rafale
Ma maison ce n'est pas ma maison
c'est froidure
Mon pays ce n'est pas un pays c'est l'hiver
Mon pays ce n'est pas un pays c'est l'envers
D'un pays qui n'était ni pays ni patrie

Ma chanson ce n'est pas ma chanson c'est ma vie
C'est pour toi que je veux posséder mes hivers...

Poésie à dire (clamer) après avoir écouté le chant de Gilles Vigneault.


 Ping-pong

Balle dure
La main sûre
L'œil véloce

Et plic et ploc
du tac au tac
tric et choc

Grêle oblique
en zig-zag
Quel trafic !

Rac et traque
Ric à rac
Ploc plic plaque

La main vive
Les raquettes
qui voltigent

Pong et ping
On réplique
Ping-pong

Jacques Gaucheron Luttes et luths
Hachette 1992


Écrire à tout venant

Pour toi
J'écrirais un poème
Sur le confetti
Sur le timbre-poste
Sur la carte à jouer

Pour toi
J'écrirais un poème
N'importe où
N'importe quand
Tant qu'il est encore temps

Pour toi
J'écrirais un poème
Sur l'affiche
Sur la vitrine
Sur le mur blanc

Pour toi
J'écrirais un poème
N'importe où
N'importe quand
Tant qu'il est encore temps

Pour toi
J'écrirais un poème
Sur le bord du pré
Sur le lit du fleuve
Sur le ciel à l'horizon

Pour toi
J'écrirais un poème
N'importe où
N'importe quand
Il n'est peut-être plus temps ?

Claude Haller Poèmes du petit matin
Hachette 1994

Une source d'inspiration pour des poètes en herbe.


Le ski

Un garçon glissant sur
disait : «Ah ! le ski, c'est
 

Je me demande bien ce
  
est plus commode que le .»

Comme il filait à toute
un rocher se dressa
Ce fut la fin de
Il s'écria, plein de

«Vraiment, je ne suis pas
je n'ai bu ni vin ni
et cependant, je perds mes
Non, le ski, ce n'est pas .»

Lorsqu'une chose nous
Notre avis

Pierre Gamarra
Le mandarin et la mandarine

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 Écrire une poésie : Assemblage